CatégorieAlpinismeGrande voieTerrain d'aventure

Grépon par le versant Mer de Glace, à la mode du jour « one push »

« One push », autrement dit une ascension non stop à la journée depuis la vallée. Un terme aujourd’hui souvent utilisé dans le monde de l’alpinisme. Un « délire » pour se mettre la caisse et dormir au chaud à la maison. Mais surtout pour passer une belle journée dehors entre copains lorsque la météo le permet et de partir plutôt léger. C’est un mode de fonctionnement que j’apprécie particulièrement au même titre que les nuits en refuge ou en bivouac. Il suffit juste de savoir varier les plaisirs.

3h du matin les rues de Chamonix sont désertes, on part pour une longue approche en direction du glacier de Trélaporte. Musique dans les oreilles, on s’enfonce dans la pénombre. Quelques heures plus tard, on fait une pause sur le bas du glacier, on refait le stock d’eau et on s’équipe tranquillement.

7h, on franchit la rimaye qui est plutôt grosse pour la saison mais se franchit bien sur la dalle de droite, comme en plein été. Ce qui est bien quand on part du bas, c’est que l’on attaque souvent au jour donc en décaler des autres cordées. Pour les autres cordées, je crois que l’on ne sera pas dérangé, personne à l’horizon dans le secteur de l’Envers.

On avance rapidement en corde tendue en évitant les gros névés, on fait des pauses dès que le leader n’a plus de matos. Ça traine pas et c’est ça que j’aime, l’efficacité de la cordée. Dans les courses de cette difficulté, c’est un plaisir d’avancer à « mach2 » tout en gérant parfaitement la sécurité de la cordée. On grimpe un peu à l’instinct sans trop regarder le topo. On tombe assez facilement sur tous les points clés détaillés par le topo. La neige vient ralentir un peu notre progression dans une cheminée bien englacée et enneigée. Rien de bien méchant. Sur le haut de la voie, on tire deux trois longueurs pour sortir à la brèche Balfour et ensuite attaquer un des monuments de l’escalade chamoniarde, la fissure Knubel.

Un bisou à la vierge, un sandwich et c’est reparti pour la descente. Deux trois rappels, de la désescalade et on arrive au col des Nantillons dans un brouillard tenace. « Iphigénie » sera notre meilleur ami pour réussir à passer en toute sécurité sous la nappe de brouillard. Pas de rappels au rognon des Nantillons, on passe direction sur le glacier à pied en rive droite. Encore une belle journée là haut, en mode « fast and light ».

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