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Le début d’une nouvelle cordée, un tour dans les Écrins

On commence le mois de Juillet par le stage FFCAM du groupe espoir des Hautes-Alpes. Au programme, deux jours sur Ceuse à tenter des croix malgré la chaleur étouffante et une journée en grande voie dans les Cerces. Tout ça encadré par François Lombard, « Babar ». Un stage au top qui permet de passer encore un cap en grimpe.

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Un petit tour dans les Cerces après deux jours sur Ceuse avec le groupe espoir FFCAM du 05.

Puis c’est parti pour une semaine dans les Écrins avec le nouveau coloc de l’année prochaine, Marco. Je le récupère sur Briançon, le temps de faire deux courses pour la semaine, et c’est parti pour le pré de Madame Carle.

Je me rappelle de mes premières lectures montagnardes, les faces nords étaient pour moi un mythe sans que je puisse un jour m’imaginer dedans. Les chaussons lacés au pied à escalader ces piliers de plusieurs centaines de mètres. C’est avec une pointe d’angoisse et d’appréhension que je me couche dimanche soir. Lundi, réveil à 3H pour aller en direction de la face nord du Pic Sans Nom, avec en vue Aurore Nucléaire, une voie me faisant de l’oeil depuis que j’ai ouvert pour la première fois « Oisans Sauvage, tome Est » du grand Cambon. On arrive au bivouac des Balmes de François vers 5H avec en toile de fond les premières lumières sur le glacier noir. On entre dans ce vallon si majeur avec la trilogie des trois grandes faces nord, celle du Pelvoux, du Pic Sans Nom ainsi que celle de l’Ailefroide. L’ambiance est au rendez-vous, on marche sur la moraine, avec l’impression d’être écrasé par ces parois de quasi 1000m de haut. Des murs de granite nous entourent et nous rappellent que l’homme n’est qu’un morceau de chair éparpillé dans la nature. On arrive à 7h à R1, la présence de la neige a sûrement ensevelie R0. C’est parti pour attaquer L2, on galère un peu à trouver le chemin, un peu trop à droite, pour tomber sur un relais sur pitons.

L2, on reviendra avec les tenues de canyoning..
L2, on reviendra avec les tenues de canyoning..

Il s’en suit quelques minutes d’hésitation pour savoir si nous sommes dans la bonne voie car le topo C2C est bien light au même titre que celui de Cambon. Je monte Marco, on se rend compte que nous sommes parti dans la voie Chapoutot, une autre grande classique de la face Nord. Les longueurs sont trempés à tel point que nous ne pouvons même pas avancer d’un centimètre sans se tremper. Il y a une véritable cascade d’eau. On met notre Gore-Tex sur les épaules le temps de réfléchir, puis nous décidons de filer l’occasion. On essayera de revenir avant la fin de l’été lorsque la face sera bien sèche. C’est sans regret que nous rebroussons chemin car vers 15h l’orage et la pluie font leur venue pour humidifier une nouvelle fois le granite.

Trop facile de réussir une face nord de ce genre du premier coup. On rentre à la casa
Trop facile de réussir une face nord de ce genre du premier coup. La météo aura eu notre peau. On rentre à la casa

Le lendemain, la météo est très incertaine avec une forte pluie durant toute la matinée. Merci la tente de nous avoir maintenu au sec pour la nuit.  Après avoir appelé le gardien du Sélé, pour avoir des infos sur notre projet initial « Attaque à main armée » sur Sialouze, les longueurs sont également trempées, comme quoi la météo pour ce début de semaine n’est pas de notre côté. On décide tout de même de monter au refuge du Pelvoux pour deux courses « terrain montagne » sur la liste du guide, la traversée de Sialouze et l’arête Sud du Petit Pelvoux. On arrive au refuge en 2h, motivé à bloc pour aller en montagne. Damien, le gardien, nous accueille toujours avec un grand plaisir et nous offre du crumble accompagné de son petit verre de génépi. Une bonne nuit de sommeil pour se remettre en canne.

C’est à 5h qu’on chausse les crampons en direction de la bosse de Sialouze avec les premiers rayons de soleil qui viennent nous réchauffer même si la température reste très clémente.

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Un lever de soleil comme on l’aime
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Les Bans en feu ce matin.

On arrive au départ de la traversée à 6h40. C’est parti à 7h pour une course d’arêtes qui semble bien sympathique. On enchaine tout en corde tendue avec un encordement relativement court, 20m, pour progresser à toute allure. Ca déroule tout seul avec Marco, ça annonce bon pour les courses de l’été et de l’an prochain.

Marco en pleine action, ambiance montagne c'est bon.
Marco en pleine action, ambiance montagne c’est bon.
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En route vers le gendarme sommital

C’est à 11h qu’on se retrouve en haut des nouveaux rappels. Bingo, on enchaîne les rappels sans coincer une seule fois la corde, bien vu les équipeurs, (un grand merci à la compagnie des guides Écrins-Oisans pour ces beaux relais chainés).

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En chemin pour la fin de la course

On arrive au refuge pour l’heure du déjeuner, c’est parfait pour la récup pour la course du lendemain. Le temps de lire les topos, de discuter avec les grands noms du coin, de faire la sieste, qu’il est déjà l’heure d’aller dormir.

C’est reparti à 5h en direction de l’arête Sud du Petit Pelvoux, une course d’arête juste grandiose. L’approche est plus compliqué à trouver que pour Sialouze, il faut bien réparer l’accès la veille, mais surtout demander au gardien des infos. On remonte la longue arête qui précède celle du Petit Pelvoux dans la pénombre avec les lumières citadines de Guillestre, de Montgenèvre.

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Overdose de ciel bleu pour le coloc.

Ces petites choses renforcent encore plus notre amour de la montagne. On attaque les premières difficultés vers 7h30, avec des longueurs variables dans le IV/IV+. Au sommet du premier gendarme, on remarque la suite logique de la course et les 2 autres gendarmes à franchir. L’ambiance est majeure, gazeux de temps en temps et bien grimpant sur certaines portions, une vraie course d’arête.

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Sur le fil du bonheur
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Mieux que tout le monde là haut

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Après une pause au sommet, on décide de faire la descente par la longue traversée du Pelvoux, histoire de cumuler deux courses en une. On s’enquille -2300m de d- d’une traite.

Et c'est parti pour la deuxième partie de la course, la descente.
Et c’est parti pour la deuxième partie de la course, la descente.

Les vires d’Ailefroide se passent à merveille malgré le « cairnage » très moyen. Le début d’une nouvelle saga en montagne avec le coloc. On est sur-motivé pour aller faire des croix un peu partout. Avant un peu de repos avant de trouver une nouvelle course à faire, mais c’est surement pas le plus gros problème. Il y en a pour au moins pour toute une vie des courses en montagne.

Une petite idée de la prochaine, surement le Pic de Bure, voie Desmaison ou encore la voie Giraud aux Bans.

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Et pour finir on fait un petit tour sur le site de l’association que je soutiens depuis 2 ans maintenant

http://www.sangpoursangsport.com/

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